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Introduction à l'intégration numérique

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Partie B du chapitre

Nous entamons maintenant la Partie B de ce chapitre, consacrée à l'intégration numérique (quadratures). Les trois premières leçons portaient sur la dérivation ; les leçons suivantes portent sur l'intégration.

Dans les trois premières leçons, nous avons vu comment dériver numériquement une fonction connue par des points discrets. Nous avons aussi découvert que la dérivation numérique est intrinsèquement instable : les erreurs d'arrondi sont amplifiées. L'intégration numérique, que nous abordons maintenant, est un problème fondamentalement différent — et bien plus stable.

Objectifs d'apprentissage

À la fin de cette leçon, vous serez en mesure de :

  • Comprendre pourquoi l'intégration numérique est nécessaire
  • Distinguer les différentes familles de méthodes de quadrature
  • Identifier les sources d'erreur en intégration numérique
  • Comparer intégration et dérivation du point de vue de la stabilité

Prérequis

  • Calcul intégral (intégrales définies)
  • Interpolation polynomiale (chapitre 4)
  • Dérivation numérique et instabilité (Partie A de ce chapitre)

Quadrature numérique : approximation de l'aire sous une courbe

Pourquoi l'intégration numérique ?

Limites du calcul symbolique

Beaucoup d'intégrales n'ont pas de primitive exprimable en termes de fonctions élémentaires :

Même quand une primitive existe, elle peut être :

  • Trop complexe à évaluer
  • Instable numériquement
  • Inconnue (fonction tabulée ou données expérimentales)

Applications typiques

DomaineExemple d'intégrale
PhysiqueTravail d'une force, énergie potentielle
StatistiquesFonctions de répartition, probabilités
IngénierieMoments d'inertie, centres de masse
Équations différentiellesMéthodes intégrales, convolution
Traitement du signalTransformées de Fourier, énergie

En fait, l'intégration numérique intervient bien plus souvent que la dérivation en pratique. Pourquoi ? D'abord parce que les intégrales apparaissent naturellement dans presque tous les modèles physiques (énergie = intégrale de la puissance, probabilité = intégrale de la densité, etc.). Ensuite, parce que l'intégration est une opération stable (comme nous le verrons plus bas), ce qui la rend fiable numériquement — contrairement à la dérivation, qui amplifie le bruit.

C'est pour ces raisons que la Partie B de ce chapitre (intégration) est deux fois plus longue que la Partie A (dérivation) : il y a beaucoup plus de méthodes, de variantes et de cas d'utilisation.


Le problème de la quadrature

Formulation

Étant donné une fonction sur un intervalle , on cherche à approximer :

Idée générale

Toutes les méthodes de quadrature reposent sur le même principe :

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Principe de la quadrature

On remplace l'intégrale par une somme pondérée de valeurs de en des points choisis, avec des poids .

Les différentes méthodes se distinguent par :

  • Le choix des points (équidistants ou non)
  • Le choix des poids (dérivés de l'interpolation)
  • Le nombre de points utilisés

Familles de méthodes

Classification

FamillePointsCaractéristique
Newton-CotesÉquidistantsSimple, formules classiques (trapèze, Simpson)
Gauss-LegendreOptimaux (racines de Legendre)Précision maximale pour n points
RombergÉquidistants + RichardsonAmélioration itérative
AdaptativesSelon l'erreur localeRaffinement automatique

Lien avec l'interpolation

La plupart des méthodes de quadrature se basent sur l'interpolation polynomiale :

  1. Construire un polynôme passant par les points
  2. Intégrer ce polynôme :

Le résultat donne les poids de la formule de quadrature.


Intégration vs Dérivation : stabilité

Comparaison fondamentale

PropriétéDérivationIntégration
Stabilité❌ Instable✅ Stable
Effet du bruitAmplifié (division par h)Atténué (moyenne)
Réduire hAméliore puis dégradeAméliore toujours (pratiquement)
Pas optimalExiste et crucialPas de limite inférieure pratique

Pourquoi cette différence ?

  • La dérivation est une opération de haute fréquence : elle amplifie les petites oscillations
  • L'intégration est une opération de basse fréquence : elle lisse et moyenne les fluctuations

Mathématiquement : la dérivation divise par , l'intégration multiplie par .

Conséquence pratique

En intégration numérique, on peut généralement réduire le pas autant qu'on veut pour améliorer la précision, sans craindre l'amplification des erreurs d'arrondi (contrairement à la dérivation). Il n'y a pas de « pas optimal » en intégration : plus est petit, mieux c'est.

C'est une excellente nouvelle ! Cela signifie que le seul ennemi de l'intégration numérique est l'erreur de troncature (remplacement de par un polynôme), et nous allons voir dans les leçons suivantes comment la réduire efficacement.


Sources d'erreur

Erreur de troncature

C'est l'erreur due au remplacement de par un polynôme d'interpolation. Elle dépend de :

  • L'ordre de la méthode (degré du polynôme)
  • La régularité de (existence des dérivées)
  • La largeur de l'intervalle

Erreur d'arrondi

Beaucoup moins problématique qu'en dérivation :

  • Les opérations sont des additions (stables)
  • Les coefficients sont généralement positifs
  • Pas de division par des petites quantités

Erreur de méthode

Certaines fonctions sont mal adaptées à certaines méthodes :

  • Fonctions avec singularités aux bornes
  • Fonctions oscillantes (beaucoup de points nécessaires)
  • Fonctions avec pics localisés (méthodes adaptatives préférables)

Notation et conventions

Conventions utilisées

Dans ce chapitre, nous utiliserons :

  • : nombre de sous-intervalles
  • : pas de discrétisation
  • : points équidistants
  • : valeurs de la fonction

Degré d'exactitude

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Définition

Une formule de quadrature a un degré d'exactitude si elle intègre exactement tous les polynômes de degré , mais pas tous les polynômes de degré .

Le degré d'exactitude est un indicateur clé de la qualité d'une méthode.

Résumé

  • L'intégration numérique (quadrature) approxime par une somme pondérée
  • Contrairement à la dérivation, l'intégration est stable : les erreurs sont atténuées
  • Les méthodes se basent sur l'interpolation polynomiale
  • Le degré d'exactitude caractérise la précision d'une formule

Pour aller plus loin

Dans la prochaine leçon, nous étudierons les formules de Newton-Cotes (trapèze, Simpson), qui sont les méthodes de quadrature les plus classiques.